Sunday, November 26, 2006

Le Liban dont je veux me souvenir

À tous ceux qui ne voient le Liban qu'au journal de 20 heures, voici les images que je veux en garder...

Downtown Beirut
Zahlé by night

Kefraya



Ksara


Up north


Wine tasting...


Happy birhtday to me!



Planting a cedar


Still up north


Preparing Beiteddine festival


Chekka


Cedars


Byblos coast

Friday, November 24, 2006

Be yourself no matter what they say...

Je n'en peux plus de vivre ici, avec pour seuls soucis la grève des transports en commun de lundi et le temps qu'il va faire. Mes rares amis restés au Liban n'attendent qu'une chose: l'occasion de partir le plus tôt possible. Ceux qui sont déjà plus ou moins installés à l'étranger n'envisagent pas d'y retourner. Tous me traitent de folle idéaliste et utopiste de vouloir rentrer au bercail. Sans doute ont-ils raison... Mais il y a ce besoin irrépressible et inexplicable de m'impliquer un tant soit peu, de ne pas tourner le dos à mon pays, de ne pas lâcher prise face aux assassins de l'espoir. Et dans mes écouteurs, Sting qui me répète: Be yourself, no matter what they say...
I really must be an alien!

Thursday, November 23, 2006

J'ai peur...

Un martyr de plus tombe pour le Liban. Le pays est en deuil, sous le choc de cette mort injuste, celle d’un jeune homme qui avait le courage de se battre pour sa patrie et ses idées.
Mais au-delà de la douleur face à cette perte, ce sont les conséquences qui me terrifient.
Je suis tétanisée à la vue des pneus brûlés, des rixes qui éclatent entre les partisans des différents courants, comme aux heures les plus noires de la guerre.
La guerre, on n’a connu que ça.
Je fais partie de la génération quatre-vingts, et au Liban, cela signifie naître et grandir au plus fort des conflits, et en garder les séquelles à tout jamais.
À l’époque, nous n’avions pas eu le choix. Nous n’étions que des enfants obligés de subir la folie des grands, de rater l’école, de déménager au gré des combats, de vivre entassés dans les cages d’escaliers pour se mettre à l’abri des obus, avec comme musique d’ambiance, les « départs-arrivées » et le crachotement des postes de radio qui tentaient tant bien que mal de nous relier au monde extérieur.
Mais aujourd’hui, c’est nous, les « grands », et ce choix, nous l’avons.
Le choix d’être ceux qui appellent au calme au lieu d’être ceux qui ravivent les tensions. Le choix de la rationalité face à la violence. Le choix du dialogue et de l’union face à l’affrontement et la discorde.
Nous avons le pouvoir, mais surtout le devoir, d’éviter à nos (futurs) enfants de subir l’horreur que nous avons dû affronter.
Tout simplement parce que nous sommes les mieux placés pour savoir que la guerre et les violences ne résoudront jamais rien.

Tuesday, November 21, 2006

L'horreur a encore frappé

Pendant que j'uploadais les photos de Sienne, je viens d'apprendre l'assassinat du Ministre de l'Industrie libanais... Je n'aurais pas dû me plaindre de la situation politique. Au moins les attentats s'étaient arrêtés... Illusoire sentiment de sécurité.
Je rêve du jour où les politiciens et journalistes de mon pays auront la même espérance de vie que les autres. En attendant, on prie pour ce Liban déjà tant meurti...

Y a du relâchement dans l'air!

Hello!
ça fait une éternité que je n'ai rien posté, mais bon la faute à:
-trop de boulot,
-situation politique désespérante au Liban,
-99 énigmes!!

Comme je le disais, situation politique désespérante, donc ce blog va prendre une direction totalement opposée de peur de déclencher des pulsions suicidaires chez mes
(rares) lecteurs!

Voici quelques photos de mon congrès à Sienne ;)
On the night train


View of Siena


Palazzo del Comune

Tuesday, October 03, 2006

Il pleut il pleut bergère...

La situation au Liban, toujours au point mort, me déprime.
Alors changeons un peu de sujet, passons à des choses plus gaies. Je vous aurais bien parlé de la pluie et du beau temps, mais c'est surtout la pluie et la pluie en ce moment! Hmm... pas très joyeux tout ça! ;)

Tuesday, September 26, 2006

Absence

Me voilà de retour après une (trop) longue absence...
Ce n'étaient ni les vacances, ni le sentiment d'avoir atteint le but recherché avec le vote de la 1701. Juste un mélange de lassitude, de vide, de "à quoi bon"... À peine les canons se sont-ils tus, que les disputes politiciennes mesquines ont repris. Chacun rejette la faute et la responsabilité sur l'autre, et pendant ce temps, le Hezbollah se gargarise de sa "victoire divine", et le peuple, comme d'habitude, paie les pots cassés.
Pendant le mois de guerre, je suis restée scotchée à Euronews, BBC, Yahoo news, Reuters, l'Orient, Naharnet et j'en passe, avide de suivre de loin ces événements qui me touchaient de si près. Une semaine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, ma cure de désintoxication a commencé, aidée en celà par cet inexorable "à quoi bon", et je ne me tiens plus qu'occasionnellement au courant des derniers développements. Hugo Chavez, qui a poursuivi en Syrie sa tournée des dictatures du monde (après Cuba, la Corée du Nord et l'Iran...); les scandales politiques à rebondissements en Israël; les batailles mediatico-politiques en France avant le début des campagnes électorales de 2007... Et bien entendu la cacophonie des dirigeants libanais incapables de s'entendre sur quoi que ce soit, alors qu'ils ne cessent de vanter l'unité et le désir de cohabitation des Libanais.
Mais par-dessus tout, l'indécence des dirigeants du Hezbollah qui "fêtent" en grande pompe leur victoire, alors que l'on n'a toujours pas fini de déterrer les corps des gravats.
Quelle victoire? ai-je envie de leur hurler. Comment osent-ils organiser des réjouissances alors que la nation toute entière porte le deuil et les stigmates d'une guerre dont personne ne voulait, et dont tout le monde subit les conséquences?

Tuesday, August 15, 2006

Jeddo

Joyeux anniversaire Jeddo.
J'aurais voulu que tes 79 ans soient célébrés dans la joie, toi qui as connu déjà tellement de guerres et de souffrances. Le cessez-le-feu, ou plutôt la cessation des hostilités, a pris effet hier, mais les incertitudes demeurent. Qu'est-ce qui reste de ton village, à la frontière avec Israël? Ce village que je n'ai jamais encore eu l'occasion de visiter, occupé par Tsahal jusqu'en 2000, j'espérais le voir bientôt. J'espère que, comme toi, le Liban saura se remettre de ses nombreuses épreuves.

تضّلك فوق راسنا و عقبال الميّة

Saturday, August 12, 2006

1701

Il aura fallu 1 mois, et plus de 1000 morts, pour y parvenir.
Hier soir, la résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l'ONU a enfin vu le jour, malgré les réserves des principaux intéressés...
Et voilà que les responsables israéliens commencent à chipoter pour justifier l'extension de leurs opérations au Liban. En effet, la résolution réclame une cessation totale des hostilités fondée en particulier sur la cessation immédiate par le Hezbollah de toutes les attaques et la cessation immédiate par Israël de toutes les offensives militaires. C'est cette dernière partie qui fait mal. Pour Shimon Peres, le texte interdit les "opérations offensives, ce qui veut dire que si nous sommes attaqués nous avons le droit de nous défendre".
Quant on connaît leur interprétation de la légitime défense, je crains le pire.

Friday, August 11, 2006

Fascisme

Bush a déclaré à propos des tentatives d'attentats déjouées à Londres, que les États-Unis sont en guerre contre les "fascistes islamistes". De tels sommets de stupidité me laissent sans voix. On dirait que le président de la plus grande puissance au monde cherche continuellement à battre son propre record de connerie.
Pense-t-il vraiment que ce genre de discours contribue à améliorer la situation? La vraie question serait: pense-t-il tout court?
N'a-t-il pas conscience que ce genre de propos ne sert qu'à réveiller les tensions confessionnelles et communautaires? Surtout qu'il ne se comporte lui-même que comme un "fasciste protestant"!
Et dire qu'en ce 21ème siècle, on aurait pensé en avoir fini avec l'obscurantisme!

Choisir?

Je lis aujourd'hui dans l'Orient Le Jour le commentaire d'un habitant du Liban-Sud: « Avant le 12 juillet, j’étais contre le Hezbollah, mais maintenant, nous sommes dans la situation où nous devons choisir : Israël ou le Hezbollah. La réponse est claire, c’est le Hezbollah »
Pourquoi serions-nous obligés de choisir entre Israël et le Hezbollah?
Je me refuse à faire ce choix. Je préfère rejeter les deux.
Je choisis la paix. Je choisis de refuser les morts et les destructions des deux côtés, bien que je sois parfaitement consciente que le Liban paie le plus lourd tribut à cette barbarie. Je choisis un cessez-le-feu immédiat, tout en étant consciente qu'aucun des deux camps ne baissera les armes le premier. Alors on compte jusqu'à 3, et vous baissez les armes en même temps. Utopique? Certainement. Mais c'est tout ce qui me reste, tout ce qui me permet de tenir.
Un poids supplémentaire me pèse sur le coeur. Nombreux sont ceux qui cherchent désespérément à fuir le Liban, leur patrie, et ne comptent pas se retourner en partant. Je suis mal placée pour les en dissuader, moi qui suis "à l'abri" en France, mais comme j'aurais préféré être au Liban, à leur place!
Non, je ne suis pas folle. C'est un sentiment inexplicable, un mélange de culpabilité d'être loin alors que tous mes proches sont au milieu de ce chaos, de certitude un peu confuse que je pourrais être utile sur place, et en même temps le traumatisme de 20 ans de guerre qui ressurgit.
Je reste perplexe devant la sophistication et les moyens déployés par l'homme (je refuse de parler d'être humain, parce qu'il n'y a rien de plus inhumain) pour répandre la haine et la violence. Au lieu de se battre pour développer des armes de plus en plus meurtrières, pourquoi ne pas se consacrer au déminage de toutes les zones où se trouvent des mines anti-personnel? Au lieu de se battre pour le pétrole, pourquoi ne pas se battre pour développer des énergies plus propres? Au lieu de distribuer des armes aux populations africaines, pourquoi ne pas leur distribuer des médicaments et de la nourriture?
Toute cette énergie consacrée à faire du mal, alors qu'elle serait tellement mieux employée à faire du bien... La barbarie de l'homme, cet être inhumain, ne cessera de me choquer.

Monday, August 07, 2006

Day 26...

La guerre fait encore rage.
La guerre.
J'aurais tellement voulu ne jamais plus prononcer ce mot, surtout en parlant du Liban. J'étais tellement fière de mon pays l'été dernier, fière de pouvoir en visiter tous les recoins sans les contraintes habituelles (les barrages syriens notamment) qui faisaient enfin partie du passé.
Chaque jour, des immeubles et des habitations sont réduits à néant. Chaque jour, les cratères, les façades criblées, qu'on avait mis si longtemps à effacer de notre paysage réapparaissent inexorablement.
Pendant ce temps, les forces israéliennes intensifient leurs frappes, le Hezollah intensifie ses ripostes, aucun des deux camps ne veut montrer le moindre signe d'affaiblissement.
Les efforts diplomatiques se heurtent à des murs; là aussi, personne ne semble prêt à faire de concession. Les instances internationales sont apparemment toujours incapables de prononcer le mot "cessez-le-feu". A-t-il été rayé de leurs dictionnaires?
Sur le journal de 13h de France2, le ministre libanais de l'Equipement et des Télécommunications, Marwan Hamadé (qui avait échappé à un attentat fin 2004) paraissait fatigué mais déterminé, expliquant pourquoi le Liban rejette la proposition de résolution franco-américaine. S'exprimant dans un Français parfait (ce qui, avouons-le, reste assez rare parmi nos hommes politiques), il a souligné que cette proposition ne fait pas mention d'un cessez-le-feu, ni du retrait des forces israéliennes (et laisse donc libre champ à une nouvelle occupation), ni surtout du problème des fermes de Chebaa, qui reste la seule raison pour laquelle le Hezbollah garde ses armes depuis 2000.
Ce qui m'a le plus fendu le coeur, c'est quand il a répondu à la question de savoir combien de temps il faudrait pour reconstruire: au moins 4 à 5 ans.
Quatre à cinq ans...
Comme si 15 ans n'avaient pas suffi.
Comme si notre pays n'avait pas déjà assez souffert, assez payé pour avoir servi de champ de bataille aux différentes forces régionales et internationales.
Comme si cette volonté affichée, depuis la révolution du Cèdre, de vivre ensemble et en paix nous était reniée.
On dit que Beytouth a été détruit 7 fois, et 7 fois s'est relevé de ses cendres.
Cette fois encore je l'espère, le Liban tout entier se relèvera, n'en déplaise à tout ceux qui lui veulent du mal.

Friday, August 04, 2006

Day 24

Il était impossible de fermer l'oeil à Beyrouth la nuit dernière. Les avions de reconnaissance n'ont pas arrêter de survoler la ville toute la nuit. Ma tante a été réveillée à 3h du matin par un appel sur son portable, un message enregistré de l'armée israélienne. La guerre psychologique s'ajoute à la guerre physique.
Ce matin, des raids aériens ont complètement détruit plusieurs ponts sur la route côtière au nord de Beyrouth, dans des régions où on n'a jamais vu aucun partisan du Hezbollah... Ah mais bien sûr, c'est pour bloquer leur approvisionnement par la Syrie. Suis-je bête! Comment puis-je penser une seconde que ce serait pour paralyser encore plus le pays, empêcher les gens de se rendre à leur travail (au cas où la pénurie d'essence n'aurait pas suffi à les dissuader). Ce matin, la mère d'un ami a échappé de peu aux bombardements de l'autoroute qu'elle devait emprunter quelques minutes plus tard pour aller travailler.
Les réfugiés continuent à affluer à Beyrouth et dans les régions jugées "plus sûres".
Les Libanais qui, décidément, refusent de se laisser abattre, essaient de rire de tout: les "tantes de Achrafieh" (comprendre les bourgeoises de ce quartier chrétien) sont reconnaissantes envers Olmert; ils les a ramenées 20 ans dans le passé. Plus besoin de lifting ni de botox! On fait ce qu'on peut pour ne pas sombrer dans la folie.

Wednesday, August 02, 2006

Cessez-le-feu

L'Union Européenne n'a pas réussi à se mettre d'accord pour réclamer un cessez-le-feu et s'est contentée de réclamer une "cessation immédiate des hostilités". La subtilité m'échappe un peu. On dirait que le mot "cessez-le-feu" leur arracherait la gueule. A moins qu'ils n'aient un gage s'ils venaient à le prononcer. Ce serait presque comique (un peu comme les footballeurs français qui refusaient de prononcer le nom du sélectionneur), si ça n'avait pas des conséquences aussi tragiques. Parce que pendant ce temps, Israël profite du silence de la communauté internationale pour poursuivre ses frappes (malgré une trêve déclarée mais illusoire de 48h), ses destructions, et là, dernier coup d'éclat en date, une attaque commando à Baalback, digne des films de guerre hollywoodiens, les trucages en moins et les vrais morts en plus.

European Union wasn't able to agree on a request for a ceasefire, and just requested an ïmmediate cessation of hostilities". I don't understand the subtlety. It looks like the word "ceasefire" would rip their tongue. Or maybe is it some kind of a bet and they wouldn't be allowed to pronounce it. It would've been almost comic (kind of like when French footballer wouldn't pronouce their coach's name), if it hadn't had so tragic consequences. Because meanwhile, Israel takes advantage of the interantional community's silence to pursue its strikes (in spite of a declared, but illusory 48h truce), its destructions, and, last action to date, a commando attack in Baalback, very much like Hollywood's war movies, but without the tricks and with real victims.

Tuesday, August 01, 2006

Day 21

Mardi 1er août 2006.
En temps normal, ce serait la 61ème fête de l'armée libanaise.
En temps normal, des banderoles et des drapeaux flotteraient sur toutes les routes, l'armée libanaise défilerait avec ses équipements rachitiques et la nation lui rendrait hommage (un peu comme le 14 juillet sur les Champs-Elysées, mais en beaucoup plus modeste; on n'a pas de patrouille de France, nous. D'ailleurs, on n'a pas grand-chose d'autre...).
Mais depuis 3 semaines, c'est l'armée israélienne qui fait étalage de sa puissance au Liban.
Alors aujourd'hui ce n'est pas jour de fête. Le Liban est en deuil. On essaie de rester à l'abri et on pleure nos morts et notre patrie.

Je ne peux m'empêcher de me demander si les 750 morts libanais avaient été américains, George W. Bush aurait-il toujours jugé un cessez-le-feu inutile? Quand on voit "la guerre contre le Mal" qu'il a déclenchée pour 2 tours détruites, il apparaît évident que le sang et le béton américains ont infiniment plus de valeur à ses yeux que le sang et le béton libanais.

Tuesday, August 1st, 2006
In normal time, today would be the Lebanese army's 61st anniversary.
In normal time, banners and flags would be decorating every street, the Lebanese army would be parading with its rickety equipment and the nation would honor it (kind of a July 14th on the Champs-Elysées, but much more modest; We don't have the Patrouille de France. We barely have anything anyway...)
But for 3 weeks now, it's the Israeli army parading and showing its tremendous strength in Lebanon. So today is not a celebration day. Lebanon is in grief. Everybody's trying to stay safe and is mourning our deaths and our homeland.

I can't help wondering, if the 750 Lebanese deceased had been American, would George W. Bush still have considered a ceasefire as unnecessary? When you look at his "war against Evil" that he conducted for 2 destroyed towers, it seems evident that American blood and concrete are much more valuable to him than Lebanese blood and concrete.

Sunday, July 30, 2006

...

Comment le monde peut-il se taire face à une telle horreur?
J'ai bien peur que la marée noire qui s'étend sur la Méditerrannée les affecte bien plus que les massacres du Proche-Orient. La vie des poissons vaut-elle plus que celle d'enfants innocents? Mais voyez-vous, la marée noire s'approche de leurs côtes, alors que ces enfants qui crèvent sont plus loin. Il suffit de zapper le journal pour ne plus les voir.
J'ai envie de hurler, mais je ne peux que pleurer... Comme ces hommes à Qana.
Vous avez déjà vu autant d'hommes en pleurs?

How can the world stand silent in front of such horror?
I'm afraid that the oil spill in the Mediterranean will affect them more than Middle Eastern massacres. Is a fish life more valuable than those of innocent children? But the spill is getting closer to their coasts, while those kids who are dying are much farther. They just switch from the news to stop seeing them.
I feel like screaming, but all I can do is cry... Like those men in Qana.
Have you ever seen so many men crying?

Day 19

Encore un bain de sang à Qana. 63 personnes réfugiées dans un abri, bombardé à 1h du matin par les forces israéliennes, 57 morts, en majorité des femmes et des enfants.
Le chef de l'équipe de secours de la Défense civile sur les lieux, âgé d'une cinquantaine d'années, qui venait de retirer le corps de deux enfants morts dans ses bras, a laissé éclater sa colère:
"Je ne veux plus que vous me demandiez des chiffres. C'est bien connu, nous servons de cobayes à leurs armes, les bombes à implosion, on ne voit plus que ça", dit-il en pleurs.
Israël refuse bien entendu d'assumer la responsabilité de ce massacre.
Quand tout cela va-t-il s'arrêter?
Another slaughter in Qana. 63 people sheltering in a small building, targeted by Israeil air force at 1 am, 57 killed, most of them women and children.
Head of Civil defense rescue team there, about 50 years old, who had just digged the corpses of two children, expresses his anger: "I don't want you to ask me about figures anymore. We all know we are used as Guinea pigs for their weapons. Implosion bombs are all we see.", he said, crying.
Of course, Israel denies responsibility for this massacre.
When is it all going to end?

Saturday, July 29, 2006

Day 18

Toujours aucune accalmie.
Chaque partie campe sur ses positions, tire sur l'autre et l'autre se sent forcément obligée de riposter. Cercle vicieux où les innocents font les frais de la folie meurtrière d'une poignée d'hommes. Des deux côtés le nombre de victimes ne cesse d'augmenter, les dégâts matériels, économiques et écologiques se multiplient, mais qui s'en soucie? George W. refuse toujours de condamner les attaques israélienne et de réclamer un cessez-le-feu qui, dit-il, "ne servirait à rien". Il servirait peut-être à éviter que d'autres civils soient tués, que d'autres usines soient détruites, et que l'aide humanitaire puisse enfin arriver aux villages coupés du monde. Mais ce sont sans doute des subtilités que le chef de la plus grande puissance mondiale à du mal à saisir... Et il en profite pour bloquer toutes les résolutions de l'ONU qui tentent de désamorcer le conflit. Et pendant ce temps, les gens crèvent.
Je viens d'apprendre par ma toute nouvelle Euronews que l'Union Européenne soutient le plan de paix du Premier Ministre Fouad Siniora. Mais Kofi Annan n'a toujours pas de mandat du Conseil de sécurité pour envoyer de force multinationale.
Et pendant ce temps, mes cousines et mes amis ne travaillent plus; ils essaient de s'enquérir des besoins des réfugiés à Beyrouth, de les nourrir, de les soigner...
Et moi, j'enrage d'être ici, loin de tout, incapable d'apporter mon aide à ceux qui souffrent.
Je pleure devant les nouvelles, je pleure d'autant plus que maintenant le conflit israélo-libanais, comme ils l'appellent ici, est passé après la fin de la canicule, les graphes de températures du dernier siècle, les départs en vacances et j'en passe. La banalisation de la violence nous guette. Qui parle des centaines de morts chaque jour à Bagdad? de Haïti? du Congo? A peine une ligne de temps en temps parmi les titres de l'actualité, et plus personne ne s'en émeut. C'est horrible.

Thursday, July 27, 2006

Day 16

Hier je suis partie à la mer. 3h30 pour y aller, 3h pour en revenir, et 4h pour profiter du soleil et de la mer. Petite coupure dans ma routine, petite escapade au bord de l'eau, hélas plus rare quand on habite Lyon que Beyrouth. Mais bon, en ce moment, les plages libanaises sont désertes, alors dois-je m'estimer heureuse d'être à Lyon plutôt qu'à Beyrouth?
Ce petit intermède dans l'horreur des 2 dernières semaines m'a permis de me vider la tête. Surtout ne plus penser. Ne pas rafraîchir la page de Reuters ou de Yahoo! news toutes les 5 minutes pour voir quelles ont été les dernières cibles des bombardements.
Mais la culpabilité, le remords de se prélasser sur un transat alors que de l'autre côté de la Méditerrannée, on meurt sous les bombes, on essaie de dormir tant bien que mal dans des jardins ou des écoles.
Vite rentrer à Lyon.
Vite lire les infos: Une "bavure" israélienne, le "drame de Khiam". Mais toute cette guerre n'est-elle pas une bavure? Les 16 derniers jours ne sont-ils pas déjà un drame?
Al Qaeda menace de s'en mêler. Il ne nous manquait plus que cela!
Et les États-Unis qui ne se décident toujours pas à réclamer de cessez-le-feu ou à laisser critiquer le gouvernement israélien. Sinon comment pourraient-ils écouler leurs missiles super-sophistiqués commandés par Israël?
Ras-le-bol de cette sale guerre, ras-le-bol de ceux qui menacent de s'en mêler pour envenimer la situation, et surtout ras-le-bol de ceux qui n'osent pas s'en mêler pour désamorcer le conflit.
Quand nous laissera-t-on enfin vivre en paix?

Yesterday, I went to the beach. 3h30 to get there, 3h to come back, and 4h to enjoy the sun and the sea. A little break in my routine, a little recreation on the shore, less frequent when you live in Lyon than in Beirut. But now, Lebanese beaches are deserted, so should I feel lucky to be in Lyon rather than in Lebanon?
This little interruption in the horror of the past two weeks allowed me to empty my head. Stop thinking. Stop refreshing Reuters' or Yahoo! news webpages every 5 minutes to find out about the latest targets.
But the guilt, the remorse of lying down on a beach chair while on the other side of the Mediterranean, people are dying under bombs, peole are desperately trying to sleep in gardens or schools.
Hurry, get to Lyon.
Hurry, read the news: Israeli "mistake", "Khiam drama". Isn't this whole war a mistake? Last 16 days aren't enough for a drama?
Al Qaeda threatens to interfere. Just what we needed!
And the USA still won't request a ceasefire nor allow the Israeli government to be criticized. How else would they sell their ultra-sophisticated missiles to Israel?
I'm fed up with this dirty war, fed up with those who threaten to interfere in order to make things worse, and above all, fed up whith those who don't dare to interfere to try to make things better.
When will we be left to live in peace?

Monday, July 24, 2006

Day 13

Qui aurait pensé qu'un jour j'approuverai une déclaration de Djordje Doubeulyou? Mais bon, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, la preuve, Doubeulyou soutient toujours Israël, mais passons. Il a quand même dit: "Par ses actes, le Hezbollah a mis en danger les immenses progrès du Liban et trahi le peuple libanais". Et pour une fois, comme je l'ai déjà dit, je suis d'accord. C'est exactement cela. Je me sens trahie.
Trahie par un parti dont les représentants osaient s'asseoir à la table du dialogue en admettant la probabilité de déposer un jour les armes, tout en fomentant leur opération dont ils ne pouvaient ignorer les conséquences.
Trahie par ce secrétaire général qui prétendait que les armes du Hezbollah ne se retourneraient jamais contre le peuple libanais. Ce n'est peut-être pas le Hezbollah qui tire sur les Libanais, mais la destruction du Liban est une conséquence directe de ses armes.
Trahie par l'ONU, l'Europe, les Etats-Unis, qui préfèrent évacuer leurs ressortissants, abandonnant le navire libanais en train de sombrer, plutôt que de réclamer fermement un cessez-le-feu pour tenter de garder le navire à flot.

Who would have thought that, one day, I would approve of one of Djordje Doubeulyou's statements? Well only fools don't change their minds; look at Doubeulyou still backing Israël, but still. He said that, by its actions, Hezbollah endangered Lebanon's great progresses and betrayed the Lebanese people. And for once, as I said, I totally agree. This is exactly how I feel. Betrayed.
Betrayed by a party who respresentatives dared sit at the dialog table, admitting the possibility that they might one day give up their weapons, while preparing their operation, and not ignoring its consequences.
Betrayed by their general secretary who pretended that Hezbollah's weapons would never be used against Lebanese people. Hezbollah might not be the ones shooting on Lebanese, but Lebanon's destruction is a direct consequence of their weapons.
Betrayed by the UN, Europe, the USA, who'd rather evacuate their citizens and abandon the Lebanese sinking ship, than to firmly demand a ceasefire and try to keep the ship floating.