Saturday, December 16, 2006

Y a des jours!

Cette journée ne commence pas sous les meilleurs auspices.
Déjà, il fallait que je passe au labo, ce qui en soi a le don de me mettre de mauvaise humeur le week end. En plus, pour le deuxième samedi de suite, grève des TCL (Transports en Commun Lyonnais). Je me dis "pas grave, il fait beau, je prendrai un Velo'v!". Alors pour ceux qui ne connaissent pas, les Velo'v sont une invention magnifique (des bornes de vélos en libre service) qui n'est malheureusement pas très efficace les jours de grève. Enfin plutôt trop efficace puisqu'on a du mal à trouver des vélos disponibles. Donc c'est parti pour 10 minutes de marche, et là Ô joie! Enfin UN Velo'v dispo. Pas de bol, la chaîne est cassée. On repose le vélo et c'est reparti pour 15 minutes à pieds, avant de trouver enfin un vélo (je vous rassure, c'était quand même sur le chemin du labo). Trop contente, je pose mon sac à main dans le panier, et je me rends compte que quelqu'un y a oublié des documents de la Banque Postale. Je connais des gens à Vienne qui ont trouvé dans leur équivalent de Velo'v des appareils photos ou des écharpes, mais non! moi je trouve des documents bancaires. Et, bien entendu, je suis trop honnête, il faut que je les dépose à la banque; en l'occurrence, le bureau de poste. Bureau de poste + samedi matin + 1 semaine avant Noël = 1 heure d'attente. Au bout d'un moment je me décide à zapper la file, sous les yeux scandalisés des personnes attendant sagement, pour donner les documents à une employée qui passait par là, et qui se confond en remerciements face à tant d'honnêteté. ;)
Bon ce n'est pas tout, faut quand même aller bosser. Donc (enfin) arrivée au labo, je pensais finir rapidement les 2-3 petites choses que je devais faire. Mais c'eût été trop beau! J'ai trouvé une mare devant un de nos congélateurs qui a choisi ce moment si propice qu'est le samedi matin pour rendre l'âme. Il a fallu tout déménager en catastrophe dans d'autres congélateurs et, pour ne rien arranger, mon chef s'est déjà cassé en vacances!
Je ferais sans doute mieux de retourner me coucher... :)

Friday, December 15, 2006

On ne m’avait jamais dit... (by Carole aka Lulu)



Une fois n'est pas coutume, je reproduis ici le texte de ma petite folle de cousine qui se révèle pas si folle que ça.

La politique, je ne suis pas tombée dedans étant petite. Cela fait uniquement trois ans que je suis l’actualité, que j’apprécie des prises de position, en critique d’autres... Au début, je me sentais fière de m’y connaître, mais aujourd’hui, j’envie quiconque n’y comprend rien.
Pourquoi ? C’est très simple.
On ne m’avait jamais dit que le fait d’être impliquée en politique, le fait de prendre parti, risquerait de détourner à chaque occasion la tournure de toute discussion entre amis, entre cousins, avec les professeurs, les collègues, etc., menant à des disputes interminables et sans pareilles.
On ne m’avait jamais dit que la politique avait tout à fait une autre définition que celle dans le dictionnaire, et que tous ceux qui étaient présents sur la scène n’œuvraient pas pour le pays mais dans leurs propres intérêts, ignorant le bien-être de leurs électeurs.
On ne m’avait jamais dit que la scène politique était meurtrière et que ceux qui mouraient étaient ceux qui osaient dénoncer ces hors-la-loi au pouvoir qui essayent de nous diriger.
On ne m’avait jamais dit que pour pouvoir vivre dans mon pays je devrais me joindre à un troupeau de moutons, partageant une conscience collective, programmés à suivre son berger sans se poser de questions.
On ne m’avait jamais dit qu’après avoir obtenu mon diplôme je chercherais à quitter mon pays que je chéris pour m’assurer un avenir, ailleurs, où régneraient la stabilité, la sécurité et le respect de l’être que je suis.
On ne m’avait jamais dit que je ne pourrais jamais m’exprimer librement sans risquer ma vie...
Avant ces trois années, je n’avais jamais arrêté de crier sur tous les toits que je ne quitterais jamais le Liban, et que si jamais je voyageais pour une formation professionnelle, c’était uniquement pour m’enrichir et revenir y travailler.
Aujourd’hui, c’est d’un grand point d’interrogation que je marque ce cri.

Carole WAKIM

Article paru le vendredi 15 décembre 2006
dans L'Orient-Le Jour

Friday, December 08, 2006

Fête des Lumières 2006

J'essaie juste de nouveaux designs pour les photos, n'hésitez pas à me donner votre avis!!
Donc vous reconnaîtrez:


La fontaine des Jacobins


Place Bellecour, l'hôpital de l'Hôtel-Dieu, et le pont Lafayette

La place Louis Pradel

Thursday, December 07, 2006

Fête des Lumières

Aujourd'hui commence la Fête des Lumières à Lyon. Cet évènement qui prend de plus en plus d'importance au fil des ans est un des rendez-vous majeurs de la ville, et l'occasion de découvrir les monuments sous un angle et un éclairage nouveaux. L'occasion surtout de se réchauffer avec un bon vin chaud... Parce qu'il fait TOUJOURS froid pour la fête des Lumières. La preuve, entre hier at aujourd'hui, on a perdu 15 degrés!! Eh oui, une fête des Lumières sans se geler, ce n'est pas une vraie fête des Lumières!
Donc voilà quelques photos des deux dernières éditions, un avant-goût de ce qui nous attend à partir de ce soir et pour tout le week-end...



La piscine du Rhône (2004)




La basilique de Fourvière (2004)


L'église Saint-Nizier (2004)



Place des Jacobins (2005)


Bellecour vue de Fourvière (2005)


Quais de Saône et Fourvière (2005, merci à Boyan pour celle-là)


Place Lyautey (2005)


Place Commette (Vieux Lyon) (2005)

Wednesday, December 06, 2006

More pictures...

Bon apparemment les photos ont plu à tout le monde, alors j'en remets d'autres... De toute façon, c'est soit ça, soit déprimer à cause de cette fichue situation qui fait dire à ma mère: "Il se peut que je ne vous laisse pas rentrer pour Noël au Liban..." Alors je maudis tous ces "dirigeants" incapables de se mettre ensemble autour d'une table et de discuter comme des adultes, de façon réfléchie, responsable, et ayant pour but l'intérêt du pays (sans parler de mes vacances!!), et je préfère fouiller dans mes photos en me rappelant les moments merveilleux qu'ils représentent (pas toutes, mais bon, je vous épargnerai celles-là, surtout celles de la boumé!)

Le monde entier se ligue contre moi, et notamment l'hébergeur du blog: je ne peux pas publier les photos (eh oui, version Beta, alors il faut prendre son mal en patience...)

Ça y est!!! Donc, en exclusivité sur mon blog...


Moi et Lulu la folle (Miss you habboul!!)
(Je sais, grammaticalement on ne dit pas "moi et", mais bon sur la photo c'est comme ça!)
Ça se voit que j'étais en vacances, ça fait une éternité que je n'ai pas eu les ongles aussi bien faits!!

Mom et Jeddo


Joey et moi (cette fois la phrase est correcte!)
(Miss you too habboulette!)



Miammmm des figues de barbarie!!


La baie de Jounieh by night (vue de l'Aqua)


Sunday, November 26, 2006

Le Liban dont je veux me souvenir

À tous ceux qui ne voient le Liban qu'au journal de 20 heures, voici les images que je veux en garder...

Downtown Beirut
Zahlé by night

Kefraya



Ksara


Up north


Wine tasting...


Happy birhtday to me!



Planting a cedar


Still up north


Preparing Beiteddine festival


Chekka


Cedars


Byblos coast

Friday, November 24, 2006

Be yourself no matter what they say...

Je n'en peux plus de vivre ici, avec pour seuls soucis la grève des transports en commun de lundi et le temps qu'il va faire. Mes rares amis restés au Liban n'attendent qu'une chose: l'occasion de partir le plus tôt possible. Ceux qui sont déjà plus ou moins installés à l'étranger n'envisagent pas d'y retourner. Tous me traitent de folle idéaliste et utopiste de vouloir rentrer au bercail. Sans doute ont-ils raison... Mais il y a ce besoin irrépressible et inexplicable de m'impliquer un tant soit peu, de ne pas tourner le dos à mon pays, de ne pas lâcher prise face aux assassins de l'espoir. Et dans mes écouteurs, Sting qui me répète: Be yourself, no matter what they say...
I really must be an alien!

Thursday, November 23, 2006

J'ai peur...

Un martyr de plus tombe pour le Liban. Le pays est en deuil, sous le choc de cette mort injuste, celle d’un jeune homme qui avait le courage de se battre pour sa patrie et ses idées.
Mais au-delà de la douleur face à cette perte, ce sont les conséquences qui me terrifient.
Je suis tétanisée à la vue des pneus brûlés, des rixes qui éclatent entre les partisans des différents courants, comme aux heures les plus noires de la guerre.
La guerre, on n’a connu que ça.
Je fais partie de la génération quatre-vingts, et au Liban, cela signifie naître et grandir au plus fort des conflits, et en garder les séquelles à tout jamais.
À l’époque, nous n’avions pas eu le choix. Nous n’étions que des enfants obligés de subir la folie des grands, de rater l’école, de déménager au gré des combats, de vivre entassés dans les cages d’escaliers pour se mettre à l’abri des obus, avec comme musique d’ambiance, les « départs-arrivées » et le crachotement des postes de radio qui tentaient tant bien que mal de nous relier au monde extérieur.
Mais aujourd’hui, c’est nous, les « grands », et ce choix, nous l’avons.
Le choix d’être ceux qui appellent au calme au lieu d’être ceux qui ravivent les tensions. Le choix de la rationalité face à la violence. Le choix du dialogue et de l’union face à l’affrontement et la discorde.
Nous avons le pouvoir, mais surtout le devoir, d’éviter à nos (futurs) enfants de subir l’horreur que nous avons dû affronter.
Tout simplement parce que nous sommes les mieux placés pour savoir que la guerre et les violences ne résoudront jamais rien.

Tuesday, November 21, 2006

L'horreur a encore frappé

Pendant que j'uploadais les photos de Sienne, je viens d'apprendre l'assassinat du Ministre de l'Industrie libanais... Je n'aurais pas dû me plaindre de la situation politique. Au moins les attentats s'étaient arrêtés... Illusoire sentiment de sécurité.
Je rêve du jour où les politiciens et journalistes de mon pays auront la même espérance de vie que les autres. En attendant, on prie pour ce Liban déjà tant meurti...

Y a du relâchement dans l'air!

Hello!
ça fait une éternité que je n'ai rien posté, mais bon la faute à:
-trop de boulot,
-situation politique désespérante au Liban,
-99 énigmes!!

Comme je le disais, situation politique désespérante, donc ce blog va prendre une direction totalement opposée de peur de déclencher des pulsions suicidaires chez mes
(rares) lecteurs!

Voici quelques photos de mon congrès à Sienne ;)
On the night train


View of Siena


Palazzo del Comune

Tuesday, October 03, 2006

Il pleut il pleut bergère...

La situation au Liban, toujours au point mort, me déprime.
Alors changeons un peu de sujet, passons à des choses plus gaies. Je vous aurais bien parlé de la pluie et du beau temps, mais c'est surtout la pluie et la pluie en ce moment! Hmm... pas très joyeux tout ça! ;)

Tuesday, September 26, 2006

Absence

Me voilà de retour après une (trop) longue absence...
Ce n'étaient ni les vacances, ni le sentiment d'avoir atteint le but recherché avec le vote de la 1701. Juste un mélange de lassitude, de vide, de "à quoi bon"... À peine les canons se sont-ils tus, que les disputes politiciennes mesquines ont repris. Chacun rejette la faute et la responsabilité sur l'autre, et pendant ce temps, le Hezbollah se gargarise de sa "victoire divine", et le peuple, comme d'habitude, paie les pots cassés.
Pendant le mois de guerre, je suis restée scotchée à Euronews, BBC, Yahoo news, Reuters, l'Orient, Naharnet et j'en passe, avide de suivre de loin ces événements qui me touchaient de si près. Une semaine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, ma cure de désintoxication a commencé, aidée en celà par cet inexorable "à quoi bon", et je ne me tiens plus qu'occasionnellement au courant des derniers développements. Hugo Chavez, qui a poursuivi en Syrie sa tournée des dictatures du monde (après Cuba, la Corée du Nord et l'Iran...); les scandales politiques à rebondissements en Israël; les batailles mediatico-politiques en France avant le début des campagnes électorales de 2007... Et bien entendu la cacophonie des dirigeants libanais incapables de s'entendre sur quoi que ce soit, alors qu'ils ne cessent de vanter l'unité et le désir de cohabitation des Libanais.
Mais par-dessus tout, l'indécence des dirigeants du Hezbollah qui "fêtent" en grande pompe leur victoire, alors que l'on n'a toujours pas fini de déterrer les corps des gravats.
Quelle victoire? ai-je envie de leur hurler. Comment osent-ils organiser des réjouissances alors que la nation toute entière porte le deuil et les stigmates d'une guerre dont personne ne voulait, et dont tout le monde subit les conséquences?

Tuesday, August 15, 2006

Jeddo

Joyeux anniversaire Jeddo.
J'aurais voulu que tes 79 ans soient célébrés dans la joie, toi qui as connu déjà tellement de guerres et de souffrances. Le cessez-le-feu, ou plutôt la cessation des hostilités, a pris effet hier, mais les incertitudes demeurent. Qu'est-ce qui reste de ton village, à la frontière avec Israël? Ce village que je n'ai jamais encore eu l'occasion de visiter, occupé par Tsahal jusqu'en 2000, j'espérais le voir bientôt. J'espère que, comme toi, le Liban saura se remettre de ses nombreuses épreuves.

تضّلك فوق راسنا و عقبال الميّة

Saturday, August 12, 2006

1701

Il aura fallu 1 mois, et plus de 1000 morts, pour y parvenir.
Hier soir, la résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l'ONU a enfin vu le jour, malgré les réserves des principaux intéressés...
Et voilà que les responsables israéliens commencent à chipoter pour justifier l'extension de leurs opérations au Liban. En effet, la résolution réclame une cessation totale des hostilités fondée en particulier sur la cessation immédiate par le Hezbollah de toutes les attaques et la cessation immédiate par Israël de toutes les offensives militaires. C'est cette dernière partie qui fait mal. Pour Shimon Peres, le texte interdit les "opérations offensives, ce qui veut dire que si nous sommes attaqués nous avons le droit de nous défendre".
Quant on connaît leur interprétation de la légitime défense, je crains le pire.

Friday, August 11, 2006

Fascisme

Bush a déclaré à propos des tentatives d'attentats déjouées à Londres, que les États-Unis sont en guerre contre les "fascistes islamistes". De tels sommets de stupidité me laissent sans voix. On dirait que le président de la plus grande puissance au monde cherche continuellement à battre son propre record de connerie.
Pense-t-il vraiment que ce genre de discours contribue à améliorer la situation? La vraie question serait: pense-t-il tout court?
N'a-t-il pas conscience que ce genre de propos ne sert qu'à réveiller les tensions confessionnelles et communautaires? Surtout qu'il ne se comporte lui-même que comme un "fasciste protestant"!
Et dire qu'en ce 21ème siècle, on aurait pensé en avoir fini avec l'obscurantisme!

Choisir?

Je lis aujourd'hui dans l'Orient Le Jour le commentaire d'un habitant du Liban-Sud: « Avant le 12 juillet, j’étais contre le Hezbollah, mais maintenant, nous sommes dans la situation où nous devons choisir : Israël ou le Hezbollah. La réponse est claire, c’est le Hezbollah »
Pourquoi serions-nous obligés de choisir entre Israël et le Hezbollah?
Je me refuse à faire ce choix. Je préfère rejeter les deux.
Je choisis la paix. Je choisis de refuser les morts et les destructions des deux côtés, bien que je sois parfaitement consciente que le Liban paie le plus lourd tribut à cette barbarie. Je choisis un cessez-le-feu immédiat, tout en étant consciente qu'aucun des deux camps ne baissera les armes le premier. Alors on compte jusqu'à 3, et vous baissez les armes en même temps. Utopique? Certainement. Mais c'est tout ce qui me reste, tout ce qui me permet de tenir.
Un poids supplémentaire me pèse sur le coeur. Nombreux sont ceux qui cherchent désespérément à fuir le Liban, leur patrie, et ne comptent pas se retourner en partant. Je suis mal placée pour les en dissuader, moi qui suis "à l'abri" en France, mais comme j'aurais préféré être au Liban, à leur place!
Non, je ne suis pas folle. C'est un sentiment inexplicable, un mélange de culpabilité d'être loin alors que tous mes proches sont au milieu de ce chaos, de certitude un peu confuse que je pourrais être utile sur place, et en même temps le traumatisme de 20 ans de guerre qui ressurgit.
Je reste perplexe devant la sophistication et les moyens déployés par l'homme (je refuse de parler d'être humain, parce qu'il n'y a rien de plus inhumain) pour répandre la haine et la violence. Au lieu de se battre pour développer des armes de plus en plus meurtrières, pourquoi ne pas se consacrer au déminage de toutes les zones où se trouvent des mines anti-personnel? Au lieu de se battre pour le pétrole, pourquoi ne pas se battre pour développer des énergies plus propres? Au lieu de distribuer des armes aux populations africaines, pourquoi ne pas leur distribuer des médicaments et de la nourriture?
Toute cette énergie consacrée à faire du mal, alors qu'elle serait tellement mieux employée à faire du bien... La barbarie de l'homme, cet être inhumain, ne cessera de me choquer.

Monday, August 07, 2006

Day 26...

La guerre fait encore rage.
La guerre.
J'aurais tellement voulu ne jamais plus prononcer ce mot, surtout en parlant du Liban. J'étais tellement fière de mon pays l'été dernier, fière de pouvoir en visiter tous les recoins sans les contraintes habituelles (les barrages syriens notamment) qui faisaient enfin partie du passé.
Chaque jour, des immeubles et des habitations sont réduits à néant. Chaque jour, les cratères, les façades criblées, qu'on avait mis si longtemps à effacer de notre paysage réapparaissent inexorablement.
Pendant ce temps, les forces israéliennes intensifient leurs frappes, le Hezollah intensifie ses ripostes, aucun des deux camps ne veut montrer le moindre signe d'affaiblissement.
Les efforts diplomatiques se heurtent à des murs; là aussi, personne ne semble prêt à faire de concession. Les instances internationales sont apparemment toujours incapables de prononcer le mot "cessez-le-feu". A-t-il été rayé de leurs dictionnaires?
Sur le journal de 13h de France2, le ministre libanais de l'Equipement et des Télécommunications, Marwan Hamadé (qui avait échappé à un attentat fin 2004) paraissait fatigué mais déterminé, expliquant pourquoi le Liban rejette la proposition de résolution franco-américaine. S'exprimant dans un Français parfait (ce qui, avouons-le, reste assez rare parmi nos hommes politiques), il a souligné que cette proposition ne fait pas mention d'un cessez-le-feu, ni du retrait des forces israéliennes (et laisse donc libre champ à une nouvelle occupation), ni surtout du problème des fermes de Chebaa, qui reste la seule raison pour laquelle le Hezbollah garde ses armes depuis 2000.
Ce qui m'a le plus fendu le coeur, c'est quand il a répondu à la question de savoir combien de temps il faudrait pour reconstruire: au moins 4 à 5 ans.
Quatre à cinq ans...
Comme si 15 ans n'avaient pas suffi.
Comme si notre pays n'avait pas déjà assez souffert, assez payé pour avoir servi de champ de bataille aux différentes forces régionales et internationales.
Comme si cette volonté affichée, depuis la révolution du Cèdre, de vivre ensemble et en paix nous était reniée.
On dit que Beytouth a été détruit 7 fois, et 7 fois s'est relevé de ses cendres.
Cette fois encore je l'espère, le Liban tout entier se relèvera, n'en déplaise à tout ceux qui lui veulent du mal.

Friday, August 04, 2006

Day 24

Il était impossible de fermer l'oeil à Beyrouth la nuit dernière. Les avions de reconnaissance n'ont pas arrêter de survoler la ville toute la nuit. Ma tante a été réveillée à 3h du matin par un appel sur son portable, un message enregistré de l'armée israélienne. La guerre psychologique s'ajoute à la guerre physique.
Ce matin, des raids aériens ont complètement détruit plusieurs ponts sur la route côtière au nord de Beyrouth, dans des régions où on n'a jamais vu aucun partisan du Hezbollah... Ah mais bien sûr, c'est pour bloquer leur approvisionnement par la Syrie. Suis-je bête! Comment puis-je penser une seconde que ce serait pour paralyser encore plus le pays, empêcher les gens de se rendre à leur travail (au cas où la pénurie d'essence n'aurait pas suffi à les dissuader). Ce matin, la mère d'un ami a échappé de peu aux bombardements de l'autoroute qu'elle devait emprunter quelques minutes plus tard pour aller travailler.
Les réfugiés continuent à affluer à Beyrouth et dans les régions jugées "plus sûres".
Les Libanais qui, décidément, refusent de se laisser abattre, essaient de rire de tout: les "tantes de Achrafieh" (comprendre les bourgeoises de ce quartier chrétien) sont reconnaissantes envers Olmert; ils les a ramenées 20 ans dans le passé. Plus besoin de lifting ni de botox! On fait ce qu'on peut pour ne pas sombrer dans la folie.

Wednesday, August 02, 2006

Cessez-le-feu

L'Union Européenne n'a pas réussi à se mettre d'accord pour réclamer un cessez-le-feu et s'est contentée de réclamer une "cessation immédiate des hostilités". La subtilité m'échappe un peu. On dirait que le mot "cessez-le-feu" leur arracherait la gueule. A moins qu'ils n'aient un gage s'ils venaient à le prononcer. Ce serait presque comique (un peu comme les footballeurs français qui refusaient de prononcer le nom du sélectionneur), si ça n'avait pas des conséquences aussi tragiques. Parce que pendant ce temps, Israël profite du silence de la communauté internationale pour poursuivre ses frappes (malgré une trêve déclarée mais illusoire de 48h), ses destructions, et là, dernier coup d'éclat en date, une attaque commando à Baalback, digne des films de guerre hollywoodiens, les trucages en moins et les vrais morts en plus.

European Union wasn't able to agree on a request for a ceasefire, and just requested an ïmmediate cessation of hostilities". I don't understand the subtlety. It looks like the word "ceasefire" would rip their tongue. Or maybe is it some kind of a bet and they wouldn't be allowed to pronounce it. It would've been almost comic (kind of like when French footballer wouldn't pronouce their coach's name), if it hadn't had so tragic consequences. Because meanwhile, Israel takes advantage of the interantional community's silence to pursue its strikes (in spite of a declared, but illusory 48h truce), its destructions, and, last action to date, a commando attack in Baalback, very much like Hollywood's war movies, but without the tricks and with real victims.

Tuesday, August 01, 2006

Day 21

Mardi 1er août 2006.
En temps normal, ce serait la 61ème fête de l'armée libanaise.
En temps normal, des banderoles et des drapeaux flotteraient sur toutes les routes, l'armée libanaise défilerait avec ses équipements rachitiques et la nation lui rendrait hommage (un peu comme le 14 juillet sur les Champs-Elysées, mais en beaucoup plus modeste; on n'a pas de patrouille de France, nous. D'ailleurs, on n'a pas grand-chose d'autre...).
Mais depuis 3 semaines, c'est l'armée israélienne qui fait étalage de sa puissance au Liban.
Alors aujourd'hui ce n'est pas jour de fête. Le Liban est en deuil. On essaie de rester à l'abri et on pleure nos morts et notre patrie.

Je ne peux m'empêcher de me demander si les 750 morts libanais avaient été américains, George W. Bush aurait-il toujours jugé un cessez-le-feu inutile? Quand on voit "la guerre contre le Mal" qu'il a déclenchée pour 2 tours détruites, il apparaît évident que le sang et le béton américains ont infiniment plus de valeur à ses yeux que le sang et le béton libanais.

Tuesday, August 1st, 2006
In normal time, today would be the Lebanese army's 61st anniversary.
In normal time, banners and flags would be decorating every street, the Lebanese army would be parading with its rickety equipment and the nation would honor it (kind of a July 14th on the Champs-Elysées, but much more modest; We don't have the Patrouille de France. We barely have anything anyway...)
But for 3 weeks now, it's the Israeli army parading and showing its tremendous strength in Lebanon. So today is not a celebration day. Lebanon is in grief. Everybody's trying to stay safe and is mourning our deaths and our homeland.

I can't help wondering, if the 750 Lebanese deceased had been American, would George W. Bush still have considered a ceasefire as unnecessary? When you look at his "war against Evil" that he conducted for 2 destroyed towers, it seems evident that American blood and concrete are much more valuable to him than Lebanese blood and concrete.